8
26 +

Mondkopf – Rising Doom (LP)

#


Fin 2006, le label toulousain Annexia Records publie le premier album (“Un été sur l’herbe”) d’un jeune local produisant sous le pseudonyme de Mondkopf. Naviguant entre une IDM ésotérique et une électronica mélodique, le disque, resté dans un cadre assez confidentiel, pose les prémices de l’univers musical du garçon en cela qu’il est définitivement empli d’une certaine mélancolie. Plus de deux ans et un EP ([Declarations Of] Principles) plus tard, alors que la vague post-Justice a atteint son paroxysme, Paul Régimbeau, de son vrai nom, signe sur le label Asphalt DuchessGalaxy of Nowhere”, un second album brillant, quasi-unanimement encensé, sur lequel on retrouve le goût prononcé de son auteur pour les mélodies mélancoliques, et l’on découvre des influences nouvelles : la techno, marquée par des beats notablement plus énergiques que ceux de son pemier opus, et la trance ou encore le hip-hop, entre autres.

Mai 2010, paraît l’EP “Deaf House”. Si ce dernier ne contraste pas foncièrement avec les précédentes productions du garçon, étant toujours marqué de cette ‘patte’ sonore si particulière, il reste indéniable que l’atmosphère générale s’est assombrie, que les ambiances se font alors plus oppressantes, et que les influences semblent désormais inclure la musique industrielle et le drone, voire le doom metal, chose que ne font que confirmer que le live brillant de minimalisme que Mondkopf présente en ce début d’année à la Gaïté Lyrique, ainsi que le maxi “Day Of Anger” qui paraît le mois suivant. Véritable aboutissement de ce tournant musical négocié avec brio, l’homme livre en ce prolifique mois de mai “Rising Doom”, magistral troisième album qui le hisse définitivement, s’il était jusqu’à alors simplement classé parmi les révélations des années précédentes, au rang de valeur sûre de la scène électronique française.

 

Dès les premières secondes de l’album, Mondkopf pose le décor. Les voix occultes et abyssales de “Intrus” le signifient sans équivoque : c’est un véritable voyage introspectif dans lequel s’engage l’auditeur, et le drone leur succédant de lui préciser explicitement qu’il sera loin d’être sans encombres. Remarque, c’est là chose honnête : au moins, il ne saura se plaindre s’il venait à être happé par la rythmique endiablée de “Deadwood”, ses nappes agressives, ses basses chaotiques ; il aura été prévenu. Il est également à souhaiter que l’excursionniste ne se laisse tromper par la douceur singulière et presque mièvre des premières notes de “Day Of Anger”, sans quoi la noyade lui sera assurée dans ce puissant maelström synthétique ; mais là encore, il est seul responsable.

Que d’obstacles pour ce pauvre explorateur, qui ignore encore naïvement que le pire reste à venir. Autant dire que le trio diaboliquement magistral : “The Song of Shadows” – “Moon’s Throat” – “Sweet Memories”, cette barrière de beauté, cette muraille de puissance, cette forteresse d’émotions, ne semble pas enclin à lui faire le moindre cadeau. Pourtant, le même sort l’attend avec les éminents “Beyond The Golden Valleys” et “Girls Don’t Cry Part II”, deux monts robustes et redoutables qui nécessitent un entraînement de longue haleine afin ne serait-ce que d’imaginer les franchir. Avançant encore, l’explorateur se rendra bien promptement compte que le voyage, jusqu’alors, n’était que frivolités, lorsque, usé et meurtri, il se confrontera au bien nommé “Where The God Falls”, celui qui a vu les plus valeureux échouer lamentablement en son sein.

Néanmoins, si par une quelconque providence, notre homme parvenait à s’affranchir dudit obstacle, il est à croire que c’est quelque chose de l’ordre du Graal qu’il trouverait, au vu de la beauté cristalline et presque divine des neuf minutes de “Fossil Lights”, éclairé d’une sainte lumière et couronné d’une auréole méritée. Un voyage ô combien éprouvant donc, mais nul ne saurait nier que le jeu en valait largement la chandelle.

 

Rising Doom” sortira le 18 mai prochain sur le label Fool House en versions physique et digitale, et est d’ores et déjà disponible en écoute intégrale sur le soundcloud de son auteur ainsi que sur la plateforme Deezer.

 


 

8 Commentaires

  1. bozzo dit :

    Très bonne critique, pour moi c’est l’un des albums de l’année :)

    Deux fautes dans la dernière phrase :
    - ça sort le 18 Mai (et pas Avril), non ?
    - et « plateforme Deezer » et non pas palteforme ;)

  2. Romain dit :

    Merci à toi, c’est corrigé !

  3. Niko dit :

    Album exceptionnel, mais je suis néanmoins déçu par Sweet Memories que j’attendais tout particulièrement vu l’effet qu’elle à produit sur moi lors du live. En effet lors du live, celle-ci était plus longue, et beaucoup plus entraînante. Or la, on simplement le droit à une « Intro » de ce qu’était cette musique dans sa version live…

  4. fresh captain dit :

    niko +10 j’ai ete particulierement decu aussi de ce titre que j’attend le plus!!!:sen esperant k’il yaura des versions live!!

  5. Gaëtan dit :

    Mondkopf ne nous a jamais laissé sur notre faim, l’album est exceptionnel et je pense qu’on aura sans aucun doute droit à un tas de versions live comme à son habitude…

  6. Mika dit :

    Trés trés bon album !!!!! A écouter et a ré-écouter …. Dés le second morceau Mondkopf pose et impose son style ! Vraiment excellent

  7. Tom dit :

    L’album est excellent, cependant je partage l’avis de Niko. En Effet, la version live de Sweet Memories est tellement plus terrible, beaucoup plus rythmée. Toutefois l’album reste une grosse tuerie :)

  8. Niko dit :

    En faite je viens de me rendre compte d’une erreur, je ne parlais pas de Sweet Memories (même si c’est le cas aussi), mais de Beyond The Golden Valleys !

Poster un commentaire